L'Ennui, c'est le mäl.

Aube, adieu ! Je sors du bois hanté; j'affronte les routes, croix torrides. Un feuillage bénissant me perd. L'août est sans brèches comme une meule.
Retiens la vue panoramique, hume l'espace et dévide machinalement les fumées.
Je vais m'élire une enceinte précaire: on enjambera s'il faut le buis. La province aus bégonias chauffés caquète, range. Que gentiment s'ameutent les griffons au volant frisé des jupes !
Où la chercher, depuis les fontaines ? A tort je me fie à son collier de bulles...
Yeux devant les pois de senteur.

Chemises caillées sur la chaise. Un chapeau de soie inaugure de reflets ma poursuite. Homme... Une glace te venge et vaincu me traite en habit ôté. L'instant revient patiner la chair.
Maisons, je m'affranchis de parois sèches. On secoue ! Un lit tendre est plaisanté de couronnes.
Atteins la poésie accablante des paliers.

ANDRE BRETON - AGE.

# Posté le samedi 18 octobre 2008 05:50

Modifié le lundi 12 janvier 2009 16:05

Celui qui construit des prisons s'exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté.

Celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté.
Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n'a le droit d'exiger de la mer qu'elle porte tous les bateaux, ou du vent qu'il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n'a le droit d'exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n'est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l'on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n'est qu'en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l'éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l'éternité ? Ma vie n'est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j'aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n'est pas l'étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n'atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m'arrive d'important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l'on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l'espace d'une seconde ou l'espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

STIG DAGERMAN.

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 11:50

Modifié le lundi 12 janvier 2009 16:05

SALE GAMIN.

Un choc sourd. Tu l'entends bien, je tremble. Des Rêves en dragées miraculeuses qui papillonnent sur ta langue, décomposées sous la voûte des couleurs, là disposées sur les feuilles de tes cheveux, et des milliers d'effluves, et l'on valse en plein centre commercial, on se rapproche du fleuve, on est sur le sable, un-deux, un-deux, en Un kit intégré tu sais, voler, effleurer les toits, et s'y poser, toujours valser, on ira voir la mer. Je veux que tu me frappes aussi fort que tu peux, je veux respirer juste dans tes yeux, je m'approche de toi. Silence. On tourne. On valse. Chuchante un peu plus fort s'il te plait. Casse-toi. Je veux te recoller de mes doigts. Marre-toi. Je veux m'infiltrer dans tes veines, celles qui ressortent sur tes mains. Celles qui m'éloignent de la fin. SALE GAMIN PUTAIN. J'aime ça.

# Posté le mercredi 08 octobre 2008 17:51

Modifié le lundi 12 janvier 2009 16:05

[OCTOBRE] À MA FENÊTRE.

 À MA FENÊTRE.
Janvier à ma fenêtre, je regarde la rue où sont plantés les êtres, un rayon de soleil serait pas superflu. Au balcon de mon deux pieces, je fume en hiver, en crachant de bons vieux glaires comme j'aurai craché le noir de ma nuit. Comme j'aurais craché la haine ou l'amour.
Janvier à ma fenetre à mes pieds se dégorge le monde, je sais qu'en bas, au coin, quelque chose m'attend ou bien quelqu'un.
Les gens qui vivent autour de moi savent bien à quel point je t'aime.

MANO SOLO - Janvier.

ALISON, Photo de moi.

# Posté le dimanche 05 octobre 2008 07:20

Modifié le lundi 12 janvier 2009 16:06

>>JE VOUDRAIS PAS CREVER AVANT DE SAVOIR SI LES QUATRE SAISONS NE SONT VRAIMENT QUE QUATRE<<, qu'il fut écrit.

>>JE VOUDRAIS PAS CREVER AVANT DE SAVOIR SI LES QUATRE SAISONS NE SONT VRAIMENT QUE QUATRE<<, qu'il fut écrit.
Moi, empruntant un peu de Poésie à BORIS VIAN, à Sumène.
Photo de Faustine.

Et puis ce soir-là, y avait eu ça.
Et Dieu vit que cela était bon.

# Posté le dimanche 05 octobre 2008 06:30

Modifié le lundi 12 janvier 2009 16:06